Chapitre IV : Hésitation
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Chapitre IV : Hésitation
Le jeune Martin se retient de bailler. Il a les petits yeux d'une nuit trop courte, et entre ses cils s'est collée une croûte jaunâtre qui le gratte et qu'il peine à retirer. Le petit cheval qui lui sert de monture n'en mène pas plus large et se contente de suivre apathiquement le chemin qu'ouvre la fière monture harnachée pour la guerre devant lui.
Le jour n'était pas encore levé quand il avait été secoué alors qu'il dormait paisiblement sur un tas de paille dans un coin des écuries. Il avait manqué de peu de mourir de frayeur et puis il avait reconnu la dame Flore. Depuis quelques mois, il avait rêvé plusieurs fois qu'elle vienne comme ça je le rejoindre. En fait, depuis qu'il l'avait surprise une fois à la fenêtre de sa chambre en train de changer de chemise. Les deux petites taches d'un rose clair sur les rondeurs de sa poitrine l'avaient captivé et hantés la plupart de son temps libre. Il avait lorgné plusieurs fois dans l'échancrure des corsages des servantes et des paysannes. Parfois il arrivait à discerner une auréole sombre, mais rien qui puisse soutenir le rose tendre et délicat de sa maîtresse.
Mais elle n'était pas venue pour délacer sa chemise. Elle lui avait ordonné de préparer son cheval et de se tenir prêt au départ.
Martin renifle. Il n'arrête pas de renifler. Cette saleté de pluie lui donne le rhume. Si Ser Edric les rattrape, il va le sentir passer. "Raison de plus pour qu'on se dépêche ! Allez !" avait répondu Flore quand il s'en était plaint.
Trop tard pour faire marche arrière de toute façon, il est embarqué et bien embarqué. Flore a décidé de se rendre sans escorte chez les sorcières. Sans affaires avec ça. Il l'a juste vu fourrer du linge, un papier et un drôle de bout de ferraille dans la sacoche de son cheval.
Kraken est sellé à l'arrière. Il dort depuis qu'ils sont partis. Flore lui a dit un jour qu'il était capable de tuer un homme mais il a du mal à le croire. Surtout après l'avoir vu jouer à la balle. En tout cas, ce n'est pas ce gros lézard qui va les aider en cas d'attaque de bandits.
"Etes-vous certaine que cette route est sûre ? Vous entendez ? Là dans les fourrés !"
Flore tourne la tête vers le bas côté.
"Vas-tu me prévenir de tous les lièvres qu'on croise ? Tu n'as strictement rien à craindre. De toute façon la route n'est pas si longue. Nous pouvons y être cette nuit."
Martin gonfle ses joues de dépit.
Le jour n'était pas encore levé quand il avait été secoué alors qu'il dormait paisiblement sur un tas de paille dans un coin des écuries. Il avait manqué de peu de mourir de frayeur et puis il avait reconnu la dame Flore. Depuis quelques mois, il avait rêvé plusieurs fois qu'elle vienne comme ça je le rejoindre. En fait, depuis qu'il l'avait surprise une fois à la fenêtre de sa chambre en train de changer de chemise. Les deux petites taches d'un rose clair sur les rondeurs de sa poitrine l'avaient captivé et hantés la plupart de son temps libre. Il avait lorgné plusieurs fois dans l'échancrure des corsages des servantes et des paysannes. Parfois il arrivait à discerner une auréole sombre, mais rien qui puisse soutenir le rose tendre et délicat de sa maîtresse.
Mais elle n'était pas venue pour délacer sa chemise. Elle lui avait ordonné de préparer son cheval et de se tenir prêt au départ.
Martin renifle. Il n'arrête pas de renifler. Cette saleté de pluie lui donne le rhume. Si Ser Edric les rattrape, il va le sentir passer. "Raison de plus pour qu'on se dépêche ! Allez !" avait répondu Flore quand il s'en était plaint.
Trop tard pour faire marche arrière de toute façon, il est embarqué et bien embarqué. Flore a décidé de se rendre sans escorte chez les sorcières. Sans affaires avec ça. Il l'a juste vu fourrer du linge, un papier et un drôle de bout de ferraille dans la sacoche de son cheval.
Kraken est sellé à l'arrière. Il dort depuis qu'ils sont partis. Flore lui a dit un jour qu'il était capable de tuer un homme mais il a du mal à le croire. Surtout après l'avoir vu jouer à la balle. En tout cas, ce n'est pas ce gros lézard qui va les aider en cas d'attaque de bandits.
"Etes-vous certaine que cette route est sûre ? Vous entendez ? Là dans les fourrés !"
Flore tourne la tête vers le bas côté.
"Vas-tu me prévenir de tous les lièvres qu'on croise ? Tu n'as strictement rien à craindre. De toute façon la route n'est pas si longue. Nous pouvons y être cette nuit."
Martin gonfle ses joues de dépit.

Flore- Messages: 95
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Re: Chapitre IV : Hésitation
Bien plus que le jour, la nuit portait son lot d'angoisse, de mélancolie, de regrets. L'humidité était si forte qu'il devenait impossible de trouver le sommeil. la côte était encore loin, ainsi que le bateau qui mènerait Flore et Martin jusqu'à l'île des Lionnes. Deux jours de voyage le long d'un chemin bordé d'arbres aux branches étouffantes, deux jours sans croiser âme qui vive, ni brigand, ni bûcheron, ni commis, ni même le moindre animal. Après avoir trouvé la région calme, puis très calme, puis enfin excessivement calme, ce silence troublant à peine dérangé par le vent bruissant dans les hautes branches finit par rendre Martin très nerveux, roulant des yeux comme s'il était le gardien torturé de quelque secret connu de lui seul. Se tordant les mains, hésitant ... Après le repas du matin, n'y tenant plus, il bondit sur ses pieds.
"Ser ! je deviens fou ! J'ai déjà passé cet endroit, j'en suis certain ! Cet arbre là regardez le !"

Il point un chêne massif, ancien, un de ceux que peut être ces fous vénèrent dans le Nord, il frappe son écorce de son poing, s'écorchant au passage, mais la douleur ne semble pas l'affecter, il pointe du doigt, frénétiquement, une marque qu'il cherchait du bout des doigts. Une simple croix gravée dans l'écorce.
"J'ai... J'ai moi même marqué cette arbre afin de pouvoir nous repérer en cas de brume. C'était il y a deux jours Ser... DEUX JOURS !!!"
"Ser ! je deviens fou ! J'ai déjà passé cet endroit, j'en suis certain ! Cet arbre là regardez le !"

Il point un chêne massif, ancien, un de ceux que peut être ces fous vénèrent dans le Nord, il frappe son écorce de son poing, s'écorchant au passage, mais la douleur ne semble pas l'affecter, il pointe du doigt, frénétiquement, une marque qu'il cherchait du bout des doigts. Une simple croix gravée dans l'écorce.
"J'ai... J'ai moi même marqué cette arbre afin de pouvoir nous repérer en cas de brume. C'était il y a deux jours Ser... DEUX JOURS !!!"

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Re: Chapitre IV : Hésitation
Si son premier réflexe est de vouloir se moquer des affabulations de son jeune écuyer, Flore se ravise vite. L'arbre lui est familier. La marque laissée par Martin achève de lui couper le sifflet.
Voilà qui explique que toutes ses estimations soient fausses. Ils sont perdus. Bel et bien perdus. Car la jeune femme ne saurait dire à quel moment elle a emprunté un chemin les ramenant sur leurs pas. Plus déconcertée que véritablement inquiète, elle examine le ciel et la position du soleil.
- Cesse de jouer avec tes mains comme ça, tu vas finir par me rendre nerveuse à mon tour.
Elle regarde dans chaque recoin, tend l'oreille et ne dit rien. Pas un bruit. Ce n'est pas naturel. Et puis, elle ne veut rien en dire à Martin pour le moment, mais elle n'a pas prévu de vivre pour plus de trois jours ne voulant pas s'encombrer et estimant que cela n'était pas nécessaire.
- J'ai dû prendre un mauvais chemin. On va se reposer un peu pendant que j'examine la carte. Mange une pomme.
Elle détache Kraken de son harnais et s'installe sur une souche le temps d'examiner la fameuse carte. Elle sait déjà que l'exercice est vain, car elle est trop imprécise, mais cela lui laisse le temps de réfléchir et donne le change pour que Martin reprenne courage. Cela l'énerve de l'admettre car tout ce qui touche aux sortilèges, aux mystères, l'agace profondément, mais il y a peut-être un enchantement à l'oeuvre dans cette foret.
Si elle ne peut se fier à ses sens pour se guider, peut-être serait-il judicieux de faire appel à ceux de quelqu'un qui a toujours mené son chemin sans se soucier des autres.
Ses yeux clairs se pose sur son dragon qui n'en a que le nom. Ayant passé le plus clair de son temps à dormir et manger, l'angoisse n'a pas l'air de le travailler. Quand le paresseux s'approche d'elle dans l'espoir de recevoir une pomme, Flore secoue la tête.
- Cette fois tu vas devoir gagner ta pitance !
Elle fait confiance à l'estomac de Kraken pour se laisser guider vers l'endroit où il trouvera pitance. En attendant cette solution extrême, elle demande à tout hasard :
- Martin, tu es bon grimpeur, va sur une branche pour voir où nous sommes !
Voilà qui explique que toutes ses estimations soient fausses. Ils sont perdus. Bel et bien perdus. Car la jeune femme ne saurait dire à quel moment elle a emprunté un chemin les ramenant sur leurs pas. Plus déconcertée que véritablement inquiète, elle examine le ciel et la position du soleil.
- Cesse de jouer avec tes mains comme ça, tu vas finir par me rendre nerveuse à mon tour.
Elle regarde dans chaque recoin, tend l'oreille et ne dit rien. Pas un bruit. Ce n'est pas naturel. Et puis, elle ne veut rien en dire à Martin pour le moment, mais elle n'a pas prévu de vivre pour plus de trois jours ne voulant pas s'encombrer et estimant que cela n'était pas nécessaire.
- J'ai dû prendre un mauvais chemin. On va se reposer un peu pendant que j'examine la carte. Mange une pomme.
Elle détache Kraken de son harnais et s'installe sur une souche le temps d'examiner la fameuse carte. Elle sait déjà que l'exercice est vain, car elle est trop imprécise, mais cela lui laisse le temps de réfléchir et donne le change pour que Martin reprenne courage. Cela l'énerve de l'admettre car tout ce qui touche aux sortilèges, aux mystères, l'agace profondément, mais il y a peut-être un enchantement à l'oeuvre dans cette foret.
Si elle ne peut se fier à ses sens pour se guider, peut-être serait-il judicieux de faire appel à ceux de quelqu'un qui a toujours mené son chemin sans se soucier des autres.
Ses yeux clairs se pose sur son dragon qui n'en a que le nom. Ayant passé le plus clair de son temps à dormir et manger, l'angoisse n'a pas l'air de le travailler. Quand le paresseux s'approche d'elle dans l'espoir de recevoir une pomme, Flore secoue la tête.
- Cette fois tu vas devoir gagner ta pitance !
Elle fait confiance à l'estomac de Kraken pour se laisser guider vers l'endroit où il trouvera pitance. En attendant cette solution extrême, elle demande à tout hasard :
- Martin, tu es bon grimpeur, va sur une branche pour voir où nous sommes !

Flore- Messages: 95
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Re: Chapitre IV : Hésitation
[Ambiance sonore] http://www.youtube.com/watch?v=QpKk95Rp92o
Le lézard n’attend pas la fin de l’ordre de sa maitresse, il file droit entre deux arbres serrés et disparaît dans un buisson… Martin, est pris de court lui aussi, il n’a que le temps de le regarder filer à une vitesse difficile à imaginer pour une bête de sa taille et de son habituelle paresse. Cependant, sous les écailles, les muscles puissants et les griffes acérées permettent à l’animal de progresser avec aisance sur le terrain humide et la végétation dense.
Il fait froid… Terriblement froid… Flore s’en rend compte lorsque Martin, revenu près d’elle pour tenter de suivre du regard le dragon dans les sous-bois, exhale de longs nuages de buée. Le ciel est blanc, les contours des choses se font floues, une brume épaisse s’est formée en quelques instants et masque désormais le sol. Les chevaux montrent de tels signes de panique qu’il faut les attacher en urgence… Une fois fait, Martin, toujours les yeux rivés sur les sous-bois, crie :
« Là ! Je le vois ! Juste là ! Le lézard ! Je vois sa tête ! Il attend ! »
Traçant dans le brouillard un chemin clair, la bête avait indiqué très précisément où elle se trouvait, et quoi que vert sur vert, restait facilement identifiable dans ce tapis laiteux.
Il n’y avait rien de normal dans ces arbres tordus et ces buissons étouffants, le silence était tel qu’on percevait à peine le bruit des pas sur les branches mortes, les sons amoindris ne laissaient rien percevoir des distances et au fur et à mesure que Flore et Martin avançaient, les pieds dans les brumes, ils s’efforçaient de ne pas percevoir que le sol se mouvait par endroit…
Positionné sur une énorme souche dont la partie haute sortait à peine du tapis brumeux, Kraken jetait un regard oblique à sa maîtresse. Immobile, serein, il ouvrit la bouche sur une double rangée de crocs tranchants comme des rasoirs et à l’haleine plus repoussante qu’une charogne de dix jours. Martin recula d’ailleurs, ne voulant pas tester la sympathie du lézard dans ce contexte étrange.
Flore pris le temps de regarder autour d’elle. En plus d’un très léger vertige, l’impression énervante de voir quelque chose à la limite de la périphérie de son champ de vision était permanente. Tournant la tête plusieurs fois à sa droite et à sa gauche, la main sur la poignée de son épée, elle finit par se résoudre à se concentrer sur autre chose, une pierre, taillée grossièrement, brisée, émergeant du tapis blanc, recouverte de mousse sur la presque totalité de sa surface….
Martin retient un cri…. Flore le voit au travers d’un voile engourdissant. Il est figé, les yeux la fixant dans une expression de terreur tellement marquée qu’elle pourrait en être comique… Sauf qu’elle ne l’est pas. De petites veines ont explosés dans les yeux du jeune garçon. Ses globes oculaires se trouvent si exposés qu’ils en deviennent surnaturels. Sa peau est presque cyanosée, ses membres immobiles, les mains en l’air, crispée sur rien. Soudain Flore comprend.
Il y a quelque chose qui a touché Martin, dans le dos, qui le touche encore, et ce contact lui fait un tel effet qu’il n’ose plus bouger. Quelque chose a touché Martin, quelque chose que Flore ne peut pas voir…
Il fait froid… Terriblement froid… Flore s’en rend compte lorsque Martin, revenu près d’elle pour tenter de suivre du regard le dragon dans les sous-bois, exhale de longs nuages de buée. Le ciel est blanc, les contours des choses se font floues, une brume épaisse s’est formée en quelques instants et masque désormais le sol. Les chevaux montrent de tels signes de panique qu’il faut les attacher en urgence… Une fois fait, Martin, toujours les yeux rivés sur les sous-bois, crie :
« Là ! Je le vois ! Juste là ! Le lézard ! Je vois sa tête ! Il attend ! »
Traçant dans le brouillard un chemin clair, la bête avait indiqué très précisément où elle se trouvait, et quoi que vert sur vert, restait facilement identifiable dans ce tapis laiteux.
Il n’y avait rien de normal dans ces arbres tordus et ces buissons étouffants, le silence était tel qu’on percevait à peine le bruit des pas sur les branches mortes, les sons amoindris ne laissaient rien percevoir des distances et au fur et à mesure que Flore et Martin avançaient, les pieds dans les brumes, ils s’efforçaient de ne pas percevoir que le sol se mouvait par endroit…
Positionné sur une énorme souche dont la partie haute sortait à peine du tapis brumeux, Kraken jetait un regard oblique à sa maîtresse. Immobile, serein, il ouvrit la bouche sur une double rangée de crocs tranchants comme des rasoirs et à l’haleine plus repoussante qu’une charogne de dix jours. Martin recula d’ailleurs, ne voulant pas tester la sympathie du lézard dans ce contexte étrange.
Flore pris le temps de regarder autour d’elle. En plus d’un très léger vertige, l’impression énervante de voir quelque chose à la limite de la périphérie de son champ de vision était permanente. Tournant la tête plusieurs fois à sa droite et à sa gauche, la main sur la poignée de son épée, elle finit par se résoudre à se concentrer sur autre chose, une pierre, taillée grossièrement, brisée, émergeant du tapis blanc, recouverte de mousse sur la presque totalité de sa surface….
Martin retient un cri…. Flore le voit au travers d’un voile engourdissant. Il est figé, les yeux la fixant dans une expression de terreur tellement marquée qu’elle pourrait en être comique… Sauf qu’elle ne l’est pas. De petites veines ont explosés dans les yeux du jeune garçon. Ses globes oculaires se trouvent si exposés qu’ils en deviennent surnaturels. Sa peau est presque cyanosée, ses membres immobiles, les mains en l’air, crispée sur rien. Soudain Flore comprend.
Il y a quelque chose qui a touché Martin, dans le dos, qui le touche encore, et ce contact lui fait un tel effet qu’il n’ose plus bouger. Quelque chose a touché Martin, quelque chose que Flore ne peut pas voir…

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Re: Chapitre IV : Hésitation
Le courage c'est aussi être capable de s'avouer ses peurs. Flore a lu ça quelque part dans un des ouvrages biographique sur les ancêtres de la famille Laymore. D'une nature frondeuse et plutôt tête brûlée, elle n'avait jamais eu l'occasion d'en expérimenter le bien fondé.
Là, la brume autour d'elle, et ce pauvre Martin figé d'un effroi sans pareil, elle n'est pas sûre de sentir sa bravoure se manifester. Ce qui est certain en revanche, c'est que la peur a fait son chemin. Elle peut la sentir parcourir ses veines, traverser ses membres, et venir jusqu'à l'extrémité de ses doigts qui ne peuvent s'empêcher de trembler.
Son seul réconfort est la présence de Kraken. Si le lézard ne fuit pas, elle n'a aucune raison de le faire. D'un autre côté, si Kraken pense la même chose, autant dire que cela peut poser problème.
Assez d'hésitations. Flore tire son épée pour de bon et rejoint Martin en quelques enjambées. Qu'importe ce qui peut le toucher, il devra avoir à faire à elle.
Arrivé à sa hauteur, elle le secoue brusquement de sa main libre pour le tirer de sa transe.
" MARTIN ! " son cri brise le silence.
Elle fouille l'invisible à la recherche de leur agresseur cherchant à protéger le dos de son écuyer.
Là, la brume autour d'elle, et ce pauvre Martin figé d'un effroi sans pareil, elle n'est pas sûre de sentir sa bravoure se manifester. Ce qui est certain en revanche, c'est que la peur a fait son chemin. Elle peut la sentir parcourir ses veines, traverser ses membres, et venir jusqu'à l'extrémité de ses doigts qui ne peuvent s'empêcher de trembler.
Son seul réconfort est la présence de Kraken. Si le lézard ne fuit pas, elle n'a aucune raison de le faire. D'un autre côté, si Kraken pense la même chose, autant dire que cela peut poser problème.
Assez d'hésitations. Flore tire son épée pour de bon et rejoint Martin en quelques enjambées. Qu'importe ce qui peut le toucher, il devra avoir à faire à elle.
Arrivé à sa hauteur, elle le secoue brusquement de sa main libre pour le tirer de sa transe.
" MARTIN ! " son cri brise le silence.
Elle fouille l'invisible à la recherche de leur agresseur cherchant à protéger le dos de son écuyer.

Flore- Messages: 95
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Re: Chapitre IV : Hésitation
Martin s'envole littéralement...
Son corps heurte avec violence un arbre centenaire. Sa tête cogne l'écorce avec un bruit sourd, et il s'effondre comme une poupée de chiffon, disparaissant à plusieurs mètres de Flore, dans la brume.
Rapide comme la foudre, Flore s'est déjà détendue, assénant un coup d'une rare violence, galvanisée par la libération de sa peur, mais son épée ne heurte qu'une pierre au sol, donc un morceau conséquent se détache sous la force de l'impact. Pourtant... Pourtant elle a distinguée, dans l'air froid et blanc, un frémissement dans son champ de vision, dessinant l'espace d'une seconde la silhouette grossière d'une forme humaine. Une forme qu'elle a traversée d'un seul coup de son épée, et qui ne semble pas s'en être ému.
Remise en garde, tournant sur son axe pour trouver ses angles morts, Flore sent la rage monter en elle, tout autant que le goût de la peur ne cesse de prendre en ampleur dans sa bouche. Mais toujours ses yeux ne lui renvoient que le vide, le silence. Un vertige la saisit. Fugace, mais néanmoins suffisant à faire fléchir ses genoux. Le Chevalier se reprend juste à temps pour percevoir quelque chose, quelque mots...
Un frisson glacé remonte depuis les reins de Flore jusqu'à la base de sa nuque lorsqu'elle comprend que le son guttural qu'elle perçoit sont des mots... Une invective...
"Trouve moi... Trouve moi...TROUVE MOI !!!"
L'Ordre emplit l'air comme le son de la poudre noire.....
Flore vacille,elle cherche à se tenir debout...Puis s'effondre.
A son réveil... Le décor est le même, mais il n'y a plis de brume...
Son corps heurte avec violence un arbre centenaire. Sa tête cogne l'écorce avec un bruit sourd, et il s'effondre comme une poupée de chiffon, disparaissant à plusieurs mètres de Flore, dans la brume.
Rapide comme la foudre, Flore s'est déjà détendue, assénant un coup d'une rare violence, galvanisée par la libération de sa peur, mais son épée ne heurte qu'une pierre au sol, donc un morceau conséquent se détache sous la force de l'impact. Pourtant... Pourtant elle a distinguée, dans l'air froid et blanc, un frémissement dans son champ de vision, dessinant l'espace d'une seconde la silhouette grossière d'une forme humaine. Une forme qu'elle a traversée d'un seul coup de son épée, et qui ne semble pas s'en être ému.
Remise en garde, tournant sur son axe pour trouver ses angles morts, Flore sent la rage monter en elle, tout autant que le goût de la peur ne cesse de prendre en ampleur dans sa bouche. Mais toujours ses yeux ne lui renvoient que le vide, le silence. Un vertige la saisit. Fugace, mais néanmoins suffisant à faire fléchir ses genoux. Le Chevalier se reprend juste à temps pour percevoir quelque chose, quelque mots...
Un frisson glacé remonte depuis les reins de Flore jusqu'à la base de sa nuque lorsqu'elle comprend que le son guttural qu'elle perçoit sont des mots... Une invective...
"Trouve moi... Trouve moi...TROUVE MOI !!!"
L'Ordre emplit l'air comme le son de la poudre noire.....
Flore vacille,elle cherche à se tenir debout...Puis s'effondre.
A son réveil... Le décor est le même, mais il n'y a plis de brume...

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Re: Chapitre IV : Hésitation
Flore se redresse péniblement. Elle se touche l'arrière du crâne pour vérifier ne pas avoir pris un mauvais coup ou être tombé sur une pierre. Ses souvenirs sont aussi flous que la brume qui envahissait il y a encore peu ce bout de forêt. Peu ? Flore lève la tête en direction du ciel pour évaluer la luminosité et le temps qu'elle a passé ainsi la joue collée contre terre.
D'autres priorités lui reviennent rapidement à l'esprit. Le petit Martin ! Elle fouille du regard les environs tout en se remettant péniblement debout. Une pointe de culpabilité commence à la titiller. Si elle avait été moins fière, si elle avait laissé Edric les accompagner, son écuyer n'aurait peut-être pas été blessé. Elle chasse cette idée, contre un fantôme de brume, même le valeureux Ser aurait été désarmé.
" Martin !! "
" Kraken !! "
Elle marche jusque là où s'était tenu son dragon des marais. Décidément, cette bestiole a le sens pour lui attirer des ennuis. L'acouphène où résonne encore l'imprécation mystérieuse de son agresseur invisible l'oblige à se frotter vigoureusement l'oreille droite.
" Tss.. le trouver, je ne demande rien de mieux ! "
Une vieille histoire lui revient en tête, celle du fantôme d'un chevalier qui ne pouvait trouver le repos tant que le corps ne serait pas ramené dans ses terres près de celui de sa dame. Peut-être doit-elle chercher une tombe ?!
Forçant son regard sur le sol pour un examen attentif, elle se tient un moment le menton.
D'autres priorités lui reviennent rapidement à l'esprit. Le petit Martin ! Elle fouille du regard les environs tout en se remettant péniblement debout. Une pointe de culpabilité commence à la titiller. Si elle avait été moins fière, si elle avait laissé Edric les accompagner, son écuyer n'aurait peut-être pas été blessé. Elle chasse cette idée, contre un fantôme de brume, même le valeureux Ser aurait été désarmé.
" Martin !! "
" Kraken !! "
Elle marche jusque là où s'était tenu son dragon des marais. Décidément, cette bestiole a le sens pour lui attirer des ennuis. L'acouphène où résonne encore l'imprécation mystérieuse de son agresseur invisible l'oblige à se frotter vigoureusement l'oreille droite.
" Tss.. le trouver, je ne demande rien de mieux ! "
Une vieille histoire lui revient en tête, celle du fantôme d'un chevalier qui ne pouvait trouver le repos tant que le corps ne serait pas ramené dans ses terres près de celui de sa dame. Peut-être doit-elle chercher une tombe ?!
Forçant son regard sur le sol pour un examen attentif, elle se tient un moment le menton.

Flore- Messages: 95
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Re: Chapitre IV : Hésitation
Et ce n'est pas ce qu'elle voit, mais ce qu'elle entend qui soudainement la mette sur une piste. Des coups réguliers, une bonne cognée sur un arbre au tronc épais à en croire les chocs répétés. Puis soudain, un craquement. Levant la tête, Flore voit nettement le fait d'un arbre choir, sur une colline juste en face d'elle. Mais c'est un cri qui la presse, un étau sur le coeur. Une voix d'homme qui prévient quelqu'un en criant :
"Ne reste pas la lézard ! L'Arbre ! Va t'en ! Va t'en !"
L'arbre, emporté par son propre poids, s'effondre, emportant avec lui un sien frère moins robuste. Cette fois Flore voit exactement son origine et distingue même une silhouette au pied désormais tranché de l'arbre. Mais elle ne voit rien de vert, saurien et agité au niveau du sol. Pas plus de trace de Martin non plus. La forêt est moins froide, un peu humide certes, mais le sol est couvert d'une mousse vive aux coloris agréable et vivants. L'arbre qui vient de s'effondrer est un bouleau massif au tronc très droit. Pour atteindre la colline d'en face, et l'homme qui a crié à un lézard, il faut encore passer un joli ruisseau à l'eau limpide. Mais si on s'attarde à regarder sur l'extrémité du versant sud de la hauteur sur laquelle se trouve les bouleaux, on peut nettement distinguer une série de pierre taillées, hautes d'environ un mètre, en partie couvertes par les mousses. La silhouette s'arrête, restant hors de portée et nimbée par un soleil couchant qui interdit d'en voir le moindre détail. Le scintillement de la lame de sa hache permet d'en apprécier la qualité cependant, tandis qu'une odeur de musc s'élève doucement dans l'air.
La voix résonne encore, forte, assurée, en direction de Flore, manifestement très visible.
"Qui va là ?"
"Ne reste pas la lézard ! L'Arbre ! Va t'en ! Va t'en !"
L'arbre, emporté par son propre poids, s'effondre, emportant avec lui un sien frère moins robuste. Cette fois Flore voit exactement son origine et distingue même une silhouette au pied désormais tranché de l'arbre. Mais elle ne voit rien de vert, saurien et agité au niveau du sol. Pas plus de trace de Martin non plus. La forêt est moins froide, un peu humide certes, mais le sol est couvert d'une mousse vive aux coloris agréable et vivants. L'arbre qui vient de s'effondrer est un bouleau massif au tronc très droit. Pour atteindre la colline d'en face, et l'homme qui a crié à un lézard, il faut encore passer un joli ruisseau à l'eau limpide. Mais si on s'attarde à regarder sur l'extrémité du versant sud de la hauteur sur laquelle se trouve les bouleaux, on peut nettement distinguer une série de pierre taillées, hautes d'environ un mètre, en partie couvertes par les mousses. La silhouette s'arrête, restant hors de portée et nimbée par un soleil couchant qui interdit d'en voir le moindre détail. Le scintillement de la lame de sa hache permet d'en apprécier la qualité cependant, tandis qu'une odeur de musc s'élève doucement dans l'air.
La voix résonne encore, forte, assurée, en direction de Flore, manifestement très visible.
"Qui va là ?"

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Re: Chapitre IV : Hésitation
Flore porte sa main en visière pour mieux distinguer la silhouette et entame déjà la traversée du ruisseau. Dans un mouvement plus gracieux que ces dernières péripéties à même la terre, elle bondit d'un pierre glissante à une autre tout en évitant de se tremper les bottes plus que nécessaire.
" Flore, envoyée par la Maison Laymore, je suis la nouvelle... aah.. ! "
Elle exécute un moulinet avec les bras pour retrouver son équilibre et arrive saine et sauve de l'autre côté de la modeste berge.
" administratrice au service de l'île des Laansidh. Je crois m'être égarée. Si vous aviez l'amabilité de m'indiquer la route la plus commode.
.. Kraken ! Au pied ! "
Elle regarde à nouveau autour d'elle, désorientée avant de considérer plus attentivement le bûcheron.
" Peut-être auriez-vous aperçu un écuyer. Un jeune garçon un peu gauche avec des cheveux roux. "
" Flore, envoyée par la Maison Laymore, je suis la nouvelle... aah.. ! "
Elle exécute un moulinet avec les bras pour retrouver son équilibre et arrive saine et sauve de l'autre côté de la modeste berge.
" administratrice au service de l'île des Laansidh. Je crois m'être égarée. Si vous aviez l'amabilité de m'indiquer la route la plus commode.
.. Kraken ! Au pied ! "
Elle regarde à nouveau autour d'elle, désorientée avant de considérer plus attentivement le bûcheron.
" Peut-être auriez-vous aperçu un écuyer. Un jeune garçon un peu gauche avec des cheveux roux. "

Flore- Messages: 95
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Re: Chapitre IV : Hésitation
Un éclair vert surgit de sous la mousse, déplaçant une masse de cailloux, de branchages et de feuilles mortes, Kraken se précipite dans les pieds de sa maîtresse qui manque de nouveau tomber. Au moins ici l'ombre est suffisante pour voir son interlocuteur. L'homme s'avance, le jeune homme en fait car il ne doit pas avoir plus de vingt ans. Sa musculature sèche et bien dessinée prête à confusion car ses mains affirmées sur le bois de sa hache et l'équilibre parfait de ses abdominaux suggèrent plus un combattant qu'un bûcheron. Pourtant, c'est bien l'attitude du bûcheron qu'il adopte, torse nu, ruisselant d'une sueur récente humidifiant jusqu'à sa chevelure, portant une hache à bois finement forgée, entre les mains. son visage portant une barbe de quelques jours est le cadre de deux yeux presque noirs. Il regarde Flore sans un mot, puis lance.
"Les affaires du Seigneur de Laymore vont elles si mal qu'il n'aient plus de robe à donner à ses dames ? "
Un sourire sur son visage démontre qu'il se moque, mais sans méchanceté. Il reste cependant interrogatif sur l'accoutrement de Flore.
"Il est donc à vous cet étrange lézard... Figurez vous qu'il est venu fouiller mes réserves il y a bien une heure. Par contre, je n'ai pas vu de rouquin, peut être que les fantômes de la forêt l'ont mangés, qui sait ? Pour lui je ne sais pas, mais pour vous, je peux encore vous montrer où est la route. l'embarcadère n'est qu'à une journée de marche d'ici. Je suppose que le cheval aussi est à vous ? Je ne veux pas être indiscret mais comment avez vous pu éparpiller vos gens et votre monture ? "
A peine a t'il terminé sa phrase qu'il se reprend.
"Oh pardon, désolé, je me présente, je suis Langres"

Langres
"Les affaires du Seigneur de Laymore vont elles si mal qu'il n'aient plus de robe à donner à ses dames ? "
Un sourire sur son visage démontre qu'il se moque, mais sans méchanceté. Il reste cependant interrogatif sur l'accoutrement de Flore.
"Il est donc à vous cet étrange lézard... Figurez vous qu'il est venu fouiller mes réserves il y a bien une heure. Par contre, je n'ai pas vu de rouquin, peut être que les fantômes de la forêt l'ont mangés, qui sait ? Pour lui je ne sais pas, mais pour vous, je peux encore vous montrer où est la route. l'embarcadère n'est qu'à une journée de marche d'ici. Je suppose que le cheval aussi est à vous ? Je ne veux pas être indiscret mais comment avez vous pu éparpiller vos gens et votre monture ? "
A peine a t'il terminé sa phrase qu'il se reprend.
"Oh pardon, désolé, je me présente, je suis Langres"

Langres

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Re: Chapitre IV : Hésitation
Elle s'accroupit un instant pour flatter à deux mains la peau épaisse de Kraken comme on pourrait le faire avec un chat domestique. Le lézard ne ronronne pas mais adopte son attitude paisible et replète sous les caresses de la jeune femme.
Flore se redresse.
" Le seigneur Laymore, mon père, est connu pour être un drôle d'excentrique qui n'obligent pas ses chevaliers à porter des jupons. "
Elle tapote la garde de son épée. " Et si tu te demandes, ceci n'est pas une aiguille à coudre. "
Probablement du fait du visage agréable de son interlocuteur, elle est moins soupe au lait que d'ordinaire et ne songe pas à se vexer. D'ailleurs, à quoi bon, elle sait parfaitement que ce qui lui cause du tort n'est pas tant d'être une femme, mais bien d'avoir une allure particulièrement frêle. Avec sa corpulence et ses traits trop fins, même si elle était née garçon, il ne fait aucun doute qu'elle aurait écopé des mêmes sempiternelles remarques.
" Je suis quand même content de rencontrer enfin un être vivant, Langres. Cela fait deux jours entiers que nous tournons dans cette forêt et j'étais à deux doigts de penser que l'hiver était sur nous. Quelque chose m'a bousculé et j'ai du perdre conscience un moment. Indiquez moi pour la route, bien que je n'ai pas l'intention de partir d'ici sans Martin. "
Elle examine à nouveau son allure d'homme des bois " Vous avez l'air de bien connaître cet endroit. Accepteriez-vous de me servir de guide le temps des recherches ? Vous serez rémunéré. "
Flore se redresse.
" Le seigneur Laymore, mon père, est connu pour être un drôle d'excentrique qui n'obligent pas ses chevaliers à porter des jupons. "
Elle tapote la garde de son épée. " Et si tu te demandes, ceci n'est pas une aiguille à coudre. "
Probablement du fait du visage agréable de son interlocuteur, elle est moins soupe au lait que d'ordinaire et ne songe pas à se vexer. D'ailleurs, à quoi bon, elle sait parfaitement que ce qui lui cause du tort n'est pas tant d'être une femme, mais bien d'avoir une allure particulièrement frêle. Avec sa corpulence et ses traits trop fins, même si elle était née garçon, il ne fait aucun doute qu'elle aurait écopé des mêmes sempiternelles remarques.
" Je suis quand même content de rencontrer enfin un être vivant, Langres. Cela fait deux jours entiers que nous tournons dans cette forêt et j'étais à deux doigts de penser que l'hiver était sur nous. Quelque chose m'a bousculé et j'ai du perdre conscience un moment. Indiquez moi pour la route, bien que je n'ai pas l'intention de partir d'ici sans Martin. "
Elle examine à nouveau son allure d'homme des bois " Vous avez l'air de bien connaître cet endroit. Accepteriez-vous de me servir de guide le temps des recherches ? Vous serez rémunéré. "

Flore- Messages: 95
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Re: Chapitre IV : Hésitation
[justify]Joignant ses talons en les croisant légèrement, Langres étend ses bras en croix et s'incline bas devant Flore.
"Chevalier, pardonnez moi, votre doux visage et votre voix cristalline (il fait un petit geste de la main, une légère vague), m'avaient à tort fait penser que j'étais en présence d'une dame... Mais puisque notre Seigneur a cru bon de parer ses hérauts d'un si beau minois, je me range à la réalité des armes et suis votre obligé... Mais ne me payez pas, je ne saurais pas quoi faire de votre argent, je ne vais jamais en ville."
Il quitte sa pose théâtrale, et pose sa hache.
"Ne vous inquiétez pas trop pour votre ami, je connais l'endroit comme un Lannister connaît tous les bordels de Port Real, laissez moi un peu de temps et je vous le ramènerais."
Il jette un oeil à Kraken.
"Drôle de bête que vous avez là... Plus qu'une bête, moins qu'un homme... Il a un esprit fort... Mais dîtes moi, comment avez vous pu vous éloigner autant de la route, vous avez du passer l'étang non ? Plus personne ne vient dans cet endroit, voyez, même le cimetière est à l'abandon depuis des générations. C'est dommage, c'est un beau coin de forêt vous ne trouvez pas ? Paisible. Mon grand-père me racontait que des gens habitaient dans des maisons en bois du temps de son propre grand-père, mais je n'ai jamais rien trouvé qui pourrait le prouver. Les Anciens Dieux n'ont pas totalement quitté cette partie des Sept Royaumes..."
Il remonte un peu le haut de la colline, invite d'un geste Flore à le suivre et fouille son sac à dos.
"Voilà de l'eau fraîche, ça vous fera du bien, vos lèvres sont légèrement craquelées, n'allez pas me faier un vertige, je ne voudrais pas avoir à ramener la fille du Seigneur et son armure jusqu'au médecin le plus proche, pour en plus me faire accuser de tous les outrages."
"Chevalier, pardonnez moi, votre doux visage et votre voix cristalline (il fait un petit geste de la main, une légère vague), m'avaient à tort fait penser que j'étais en présence d'une dame... Mais puisque notre Seigneur a cru bon de parer ses hérauts d'un si beau minois, je me range à la réalité des armes et suis votre obligé... Mais ne me payez pas, je ne saurais pas quoi faire de votre argent, je ne vais jamais en ville."
Il quitte sa pose théâtrale, et pose sa hache.
"Ne vous inquiétez pas trop pour votre ami, je connais l'endroit comme un Lannister connaît tous les bordels de Port Real, laissez moi un peu de temps et je vous le ramènerais."
Il jette un oeil à Kraken.
"Drôle de bête que vous avez là... Plus qu'une bête, moins qu'un homme... Il a un esprit fort... Mais dîtes moi, comment avez vous pu vous éloigner autant de la route, vous avez du passer l'étang non ? Plus personne ne vient dans cet endroit, voyez, même le cimetière est à l'abandon depuis des générations. C'est dommage, c'est un beau coin de forêt vous ne trouvez pas ? Paisible. Mon grand-père me racontait que des gens habitaient dans des maisons en bois du temps de son propre grand-père, mais je n'ai jamais rien trouvé qui pourrait le prouver. Les Anciens Dieux n'ont pas totalement quitté cette partie des Sept Royaumes..."
Il remonte un peu le haut de la colline, invite d'un geste Flore à le suivre et fouille son sac à dos.
"Voilà de l'eau fraîche, ça vous fera du bien, vos lèvres sont légèrement craquelées, n'allez pas me faier un vertige, je ne voudrais pas avoir à ramener la fille du Seigneur et son armure jusqu'au médecin le plus proche, pour en plus me faire accuser de tous les outrages."

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Re: Chapitre IV : Hésitation
Flore marche derrière lui et en profite pour avoir une bonne vue de son dos et du galbe de ses muscles postérieurs. Ce n'est pas comme si elle ne côtoyait jamais des hommes bien fait qui tombent la chemise après l'entraînement. D'ailleurs, elle a même épié plusieurs fois son frère Ebon entraîner une de ses conquêtes sur le lit afin de ne pas rester sotte. Mais ce Langres a quelque chose de différent et elle a du mal à comprendre de quoi il s'agit.
L'évidence lui saute enfin au visage quand il lui tend la gourde d'eau. N'ayant jamais eu le besoin de taire ce qu'elle avait sur le coeur, Flore l'exprime tout haut en regardant l'homme dans les yeux.
" Je vous remercie pour l'eau, et vous demande pardon si je vous ai offensé. "
Elle boit.
" Vous n'êtes pas un rustre. Vous avez de l'instruction et je vous ai pris pour ce que vous n'êtes pas. "
Elle reprend une gorgée et lui tend ce qui reste.
" Kraken est un lézard des marais, avant ils pullulaient dans la région et puis ils ont commencé à disparaître avec la campagne de dessèchement. Ils ont été traqués pour leur peau et leur venin, aujourd'hui il n'en reste qu'une poignée par ici. Kraken est encore jeune, une fois adulte il sera capable de gober un cheval ! "
Sa leçon donnée, encore qu'elle se retient de faire une démonstration à Langres des capacités de Kraken à jouer à la balle, elle reprend au sujet de la forêt.
" J'ignore comment nous avons pu nous perdre, cet endroit est hanté et pourtant je ne me laisse pas facilement impressionné. Le cimetière est loin ? Je crois que je dois m'y rendre. Sinon, cela fait longtemps que vous vivez ici avec votre famille ? Vous n'avez pas l'allure commune du garde forestier si je peux me permettre. "
L'évidence lui saute enfin au visage quand il lui tend la gourde d'eau. N'ayant jamais eu le besoin de taire ce qu'elle avait sur le coeur, Flore l'exprime tout haut en regardant l'homme dans les yeux.
" Je vous remercie pour l'eau, et vous demande pardon si je vous ai offensé. "
Elle boit.
" Vous n'êtes pas un rustre. Vous avez de l'instruction et je vous ai pris pour ce que vous n'êtes pas. "
Elle reprend une gorgée et lui tend ce qui reste.
" Kraken est un lézard des marais, avant ils pullulaient dans la région et puis ils ont commencé à disparaître avec la campagne de dessèchement. Ils ont été traqués pour leur peau et leur venin, aujourd'hui il n'en reste qu'une poignée par ici. Kraken est encore jeune, une fois adulte il sera capable de gober un cheval ! "
Sa leçon donnée, encore qu'elle se retient de faire une démonstration à Langres des capacités de Kraken à jouer à la balle, elle reprend au sujet de la forêt.
" J'ignore comment nous avons pu nous perdre, cet endroit est hanté et pourtant je ne me laisse pas facilement impressionné. Le cimetière est loin ? Je crois que je dois m'y rendre. Sinon, cela fait longtemps que vous vivez ici avec votre famille ? Vous n'avez pas l'allure commune du garde forestier si je peux me permettre. "

Flore- Messages: 95
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Re: Chapitre IV : Hésitation
Langres pouffe de rire, si bien qu'il renverse un peu de l'eau qu'il était en train de boire.
"Le cimetière ? Mais vous y êtes ! Trois siècles de corps répandus en cendres sur ces collines où nous sommes assis à l'instant, un siècle d'enterrement vers l'Est - il montre les arbres au delà des bouleaux - et de l'autre côté du ruisseau, là d'où vous venez, s'élevait un grand charnier où l'on jetait les voleurs, les violeurs, les impies, les meurtriers, les étrangers et les victimes de la petite vérole. L'endroit sert de lieu de repos pour les morts depuis des siècles, peut être même depuis les Premiers Hommes !"
Il s'est enflammé ! Agitant les bras pour donner de l'emphase à ce qu'il énonce, le revivant presque, les yeux perdus dans des évènements du passé.
"Ce coin de forêt aujourd'hui recouvert par la mousse, est un lieu sacré... Dans lequel votre lézard a plus sa place que nous !"
Il s'agenouille soudainement à côté de Flore, le visage inondé d'une exaltation palpable, ses mains dessinent dans le vide des arabesques mimant le plus infini des raffinements.
"J'ai découvert un endroit, à une heure de marche d'ici, où des ossements d'animaux se mêlaient à des bijoux précieux et antiques, démontrant qu'un culte des animaux existait dans la région à la même époque où les Arbres Sacrés commençaient à être vénérés... On y trouve le squelette de nombreux animaux dont.... Des Dragons..."
Son sourire s'efface soudain.
"Pardonnez moi Chevalier... Je m'emporte, je m'emporte... A défaut d'être un rustre je vais devenir soporifique... Qui s'intéresse à tout ça de nos jours ? A part quelques mestres constipés persuadés que tout savoir sort d'un livre et qu'il n'y a plus rien à découvrir... J'ai de la viande séchée si vous voulez, de toute façon je devrais retourner à la cabane pour lancer mes gens à la recherche de votre ami."
"Le cimetière ? Mais vous y êtes ! Trois siècles de corps répandus en cendres sur ces collines où nous sommes assis à l'instant, un siècle d'enterrement vers l'Est - il montre les arbres au delà des bouleaux - et de l'autre côté du ruisseau, là d'où vous venez, s'élevait un grand charnier où l'on jetait les voleurs, les violeurs, les impies, les meurtriers, les étrangers et les victimes de la petite vérole. L'endroit sert de lieu de repos pour les morts depuis des siècles, peut être même depuis les Premiers Hommes !"
Il s'est enflammé ! Agitant les bras pour donner de l'emphase à ce qu'il énonce, le revivant presque, les yeux perdus dans des évènements du passé.
"Ce coin de forêt aujourd'hui recouvert par la mousse, est un lieu sacré... Dans lequel votre lézard a plus sa place que nous !"
Il s'agenouille soudainement à côté de Flore, le visage inondé d'une exaltation palpable, ses mains dessinent dans le vide des arabesques mimant le plus infini des raffinements.
"J'ai découvert un endroit, à une heure de marche d'ici, où des ossements d'animaux se mêlaient à des bijoux précieux et antiques, démontrant qu'un culte des animaux existait dans la région à la même époque où les Arbres Sacrés commençaient à être vénérés... On y trouve le squelette de nombreux animaux dont.... Des Dragons..."
Son sourire s'efface soudain.
"Pardonnez moi Chevalier... Je m'emporte, je m'emporte... A défaut d'être un rustre je vais devenir soporifique... Qui s'intéresse à tout ça de nos jours ? A part quelques mestres constipés persuadés que tout savoir sort d'un livre et qu'il n'y a plus rien à découvrir... J'ai de la viande séchée si vous voulez, de toute façon je devrais retourner à la cabane pour lancer mes gens à la recherche de votre ami."

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Re: Chapitre IV : Hésitation
Si Langres s'emporte, l'imagination de Flore s'enflamme. Un bateau entièrement en acier valyrien et maintenant des ossements de dragons.
Il n'en faut pas plus pour que Flore se figure un navire fantôme commandé par un cruel dragon liche !
" Des squelettes de dragon ? J'ai toujours rêvé d'en voir ! Sont-il grands ? Sont-ils bien conservés ? "
La jeune chevalier a bien du mal à contenir son excitation grandissante. Ce qui était en partie une mission ennuyeuse, se transforme en un périple aventureux. Tout serait presque parfait si Martin n'avait pas disparu. Sa joie retombe aussitôt. Elle imagine son écuyer perdu et terrorisé.
" Mais les vivants avant les morts. Je veux participer aux recherches. Il avait pris un mauvais coup juste avant que je tombe, je me fais du soucis pour lui. C'est encore un enfant et je suis responsable de lui. "
Flore en est certaine, il sera impossible de revenir le front haut devant les autres chevaliers si le petit meurt à cause d'elle. Et sa mère, oh non, elle ne sera pas de taille à affronter la colère d'une mère éplorée. Elle se mordille la lèvre inférieure avec nervosité. Le petit Martin et ses grands yeux bruns qui la regarde toujours avec une admiration qui frôle l'idolâtrie quand elle s'entraîne à l'épée. Le petit Martin et sa gentillesse naturelle qui hier encore lui a donné un mouchoir pour qu'elle se nettoie la figure après qu'elle ait chuté au sol, le pied pris dans une mauvaise racine qui dépassait.
" Ah ! "
Elle tire le morceau de tissu où la mère de Martin a brodé un petit cheval pour porter chance à son enfant quand il a commencé sa formation de garçon d'écurie.
" Vous avez des chiens ? Cela lui appartient. Ils pourraient le pister ! "
Elle lance un regarde en biais à Kraken en se demandant si son lézard en serait capable. Si ce n'est que la dernière fois qu'elle a accepté de le suivre, le résultat n'avait pas été fameux.
Il n'en faut pas plus pour que Flore se figure un navire fantôme commandé par un cruel dragon liche !
" Des squelettes de dragon ? J'ai toujours rêvé d'en voir ! Sont-il grands ? Sont-ils bien conservés ? "
La jeune chevalier a bien du mal à contenir son excitation grandissante. Ce qui était en partie une mission ennuyeuse, se transforme en un périple aventureux. Tout serait presque parfait si Martin n'avait pas disparu. Sa joie retombe aussitôt. Elle imagine son écuyer perdu et terrorisé.
" Mais les vivants avant les morts. Je veux participer aux recherches. Il avait pris un mauvais coup juste avant que je tombe, je me fais du soucis pour lui. C'est encore un enfant et je suis responsable de lui. "
Flore en est certaine, il sera impossible de revenir le front haut devant les autres chevaliers si le petit meurt à cause d'elle. Et sa mère, oh non, elle ne sera pas de taille à affronter la colère d'une mère éplorée. Elle se mordille la lèvre inférieure avec nervosité. Le petit Martin et ses grands yeux bruns qui la regarde toujours avec une admiration qui frôle l'idolâtrie quand elle s'entraîne à l'épée. Le petit Martin et sa gentillesse naturelle qui hier encore lui a donné un mouchoir pour qu'elle se nettoie la figure après qu'elle ait chuté au sol, le pied pris dans une mauvaise racine qui dépassait.
" Ah ! "
Elle tire le morceau de tissu où la mère de Martin a brodé un petit cheval pour porter chance à son enfant quand il a commencé sa formation de garçon d'écurie.
" Vous avez des chiens ? Cela lui appartient. Ils pourraient le pister ! "
Elle lance un regarde en biais à Kraken en se demandant si son lézard en serait capable. Si ce n'est que la dernière fois qu'elle a accepté de le suivre, le résultat n'avait pas été fameux.

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